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Donnez un nouvel air à votre atelier : l’état des lieux

Les enjeux d’un renouvellement d’air efficace sont centraux dans les ateliers. L’optimisation de la qualité de l’air permet de gagner en productivité, en coûts d’exploitation, sur les dépenses énergétiques, et en qualité de vie au travail. Mais comment faire ?

Apporter des bonnes conditions d’air dans un atelier est exigé par les réglementations sur la santé et l’hygiène, ou sur les taux de polluants admis… « C’est évidemment surtout une question de bien-être pour ceux qui travaillent au quotidien dans le bâtiment, souligne Thierry Beaussé, expert énergéticien dans l’industrie. Quand les collaborateurs se plaignent d’une atmosphère trop chaude, trop froide, trop humide, malodorante dans leur atelier, c’est souvent le reflet de leur mal-être. Avec une meilleure qualité d’air, ils se sentent mieux et la motivation s’en ressent. Je l’ai vérifié au fil de mes expériences en industrie. » On comprend mieux dès lors l’intérêt de tout mettre en œuvre pour améliorer la qualité de l’air. « Mais plutôt qu’investir directement dans des centrales de renouvellement d’air coûteuses, une démarche séquencée, des bonnes pratiques et du bon sens s’avèrent bien plus efficaces, » garantit Thierry Beaussé. Une démarche qui démarre par un état des lieux complet des problématiques et des équipements de l’atelier.

 

1. Se faire aider pour poser les bonnes questions… et formuler les bonnes problématiques

En matière de renouvellement d’air, les questions conditionnent les réponses techniques à apporter. Une évidence ? « Quand on est concentré sur la production, il est difficile de voir toutes les composantes de la situation et d’apporter des réponses innovantes, explique Thierry Beaussé. En revanche, un intervenant extérieur au site verra les conditions dans l’atelier avec un regard neuf, il posera des questions sous des angles différents, pour reformuler les problématiques de renouvellement d’air. »

 

2. Faire un état des lieux aéraulique et thermique

Avant de chercher des solutions, d’investir et d’agir, la bonne pratique consiste à faire un état des lieux de l’existant. « Qu’y a-t-il dans votre atelier ?, questionne Thierry Beaussé. Des générateurs d’air chaud aérothermes ou des panneaux radiants pour le chauffage ? Un extracteur d’air spécifique propre à une machine ou un extracteur global à tout l’atelier pour ventiler l’air ? Des systèmes mixtes comme des centrales de traitement ou des générateurs de ventilation tempérée make-up ?… ». Il s’agit également d’analyser et de recenser les polluants présents dans l’atelier, tout en prenant en compte la météo et les caractéristiques du bâtiment, c’est-à-dire son volume, sa hauteur, l’isolation, les fenêtres, les différentes zones (stockage, production…). « Et enfin, est-ce que vos différents équipements sont suffisamment instrumentés pour permettre un suivi efficace des paramètres de régulation (poids d’eau, températures, pressions…) ? »

 

3. Connaître le diagramme de l’air humide

La réalisation du « diagramme d’air humide » permet de visualiser graphiquement les caractéristiques de l’air dans l’atelier. Elle est nécessaire au dimensionnement de la centrale de traitement d’air. Sous-dimensionnée, la centrale ne sera pas performante pour traiter l’air. Sur-dimensionnée, elle utilisera trop d’énergie pour fonctionner, avec à la clé, des dépenses inutiles !

 

4. Séparer les fonctions chauffage et ventilation

Selon les équipements existants dans l’atelier, les solutions d’optimisation varient, car les fonctionnements diffèrent. La centrale de traitement d’air, par exemple, aspire l’air neuf extérieur ou recycle l’air de l’atelier. Celui-ci passe à travers un filtre puis dans l’une des deux batteries : chaude (alimentée par de la vapeur d’eau) l’hiver, froide (alimentée par de l’eau glacée) l’été. « Le make-up, en revanche, utilise uniquement l’air neuf extérieur, qui va passer dans un brûleur au gaz pour chauffer, illustre Thierry Beaussé. L’air est ensuite injecté dans l’atelier. Certains ateliers sont ainsi équipés de make-up uniquement, pour assurer à la fois chauffage et traitement d’air. C’est parfait quand l’usine est en fonctionnement : le rendement est proche de 100 %. Mais le week-end, s’il fait froid dehors, -5°C par exemple, le chauffage se met en hors gel, aspire l’air froid extérieur et doit utiliser beaucoup d’énergie pour souffler de l’air chaud dans l’atelier vide. Le rendement du traitement d’air tombe alors à 20 % environ, voire moins. C’est la raison pour laquelle je conseille non seulement d’être attentif au mode de fonctionnellement des centrales pour adapter le réglage mais aussi de séparer les fonctions chauffage et ventilation. »

 

Une fois cet état des lieux réalisé dans l’atelier, de nombreuses techniques pleines de bon sens vont optimiser encore l’efficacité du système de renouvellement de l’air tout en minimisant les dépenses d’énergie. Nous vous les dévoilerons dans un prochain article. À suivre !

 

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