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Centrale de traitement de l'eau pour la production de Milupa à Fulda (Allemagne)

Management de l’énergie en industrie : l’importance d’être orienté métier

Produire en quantité et qualité au moindre coût a longtemps été la priorité majeure des usines. Le réchauffement climatique et l’augmentation des coûts de l’énergie ont récemment changé la donne, obligeant à faire des économies d’énergie. Mais comment prioriser les actions de performance énergétique et pourquoi faut-il les inscrire au cœur des pratiques métiers pour en concrétiser la valeur (en temps ou en euros) ? Explications par Yves Bergeron, consultant pour Blu.e.

 

Quand une usine vous consulte pour améliorer ses performances énergétiques, quelle est la première étape ?

Yves Bergeron – Pour générer de la performance, et ainsi de la valeur, Blu.e engage un dialogue avec son client sur :

les usages énergétiques significatifs (les périmètres qui ont un potentiel d’amélioration important) : l’activité productive, la production et distribution d’utilités et le confort,

les indicateurs de performance et leur variabilité (voir notre e-Guide #1),

les pratiques métier, en particulier maintenance et exploitation, qui ont un impact sur les indicateurs,

les rôles et responsabilités et l’organisation en place,

la qualité et la disponibilité des données,

les outils métier, en particulier les outils d’accès aux données et de valorisation de ces données sous forme de monitoring, alarming, reporting, analyse, et aide au pilotage opérationnel.

Cet état des lieux des enjeux, des pratiques, des données et des outils nous permet ensuite de prioriser, avec le client, les périmètres et les actions à plus fort potentiel et meilleure faisabilité en matière de performance énergétique. Autrement dit, quelle est la pratique dans laquelle je peux rapidement obtenir des résultats en euros ou en temps par une meilleure maitrise opérationnelle ?

 

Lorsque vous identifiez les pratiques les plus génératrices de valeur, vous avez déjà accompli une bonne partie du travail, non ?

Yves Bergeron – C’est une première étape essentielle. Mais elle ne suffit pas. Nous devons ensuite travailler avec les acteurs de terrain pour comprendre les informations dont ils ont besoin dans leurs pratiques métier du quotidien pour obtenir cette nouvelle performance qu’ils n’obtiennent pas avec leurs outils actuels. Ces informations serviront ensuite à définir et paramétrer les interfaces métier dans l’outil logiciel Blu.e pour leur appropriation effective.

– Prenons un exemple concret, celui du « talon électrique du week-end » –

C’est le niveau de consommation d’un atelier en phase de hors production. Un atelier comprend un grand nombre d’équipements consommateurs d’énergie électrique. En toute logique, ils doivent être arrêtés par les opérateurs à la fin du dernier poste de production de la semaine. Mais, les exigences de production mettent à mal cette pratique : l’arrêt complet des équipements en fin de dernier poste est souvent une priorité… de deuxième ordre pour ceux qui sont pressés de rentrer chez eux ! En conséquence, le niveau du talon n’est pas optimal. Il peut être jusqu’à 50 % supérieur à celui qui est obtenu durant les périodes d’arrêt plus longues (par exemple pendant la fermeture hebdomadaire du site à Noël), pour lesquelles un effort particulier est fait pour arrêter tous les équipements qui doivent l’être.

Nous avons donc conçu une interface Blu.e pour le responsable maintenance du week-end. Elle lui permet de visualiser les ateliers les plus en écart par rapport au talon de référence et il peut ensuite prioriser les contrôles (les rondes) faits par ses équipes et obtenir la liste des équipements en défaut. Il transmet son rapport aux responsables de production. Ceux-ci se servent de ces éléments factuels pour animer la démarche de progrès auprès de leurs équipes pour que l’arrêt du week-end suivant atteigne un niveau de consommation plus proche du talon cible.

 

Dans cet exemple précis d’optimisation du talon de consommation, on comprend bien toute l’importance des actions des équipes de terrain pour améliorer les performances énergétiques. Mais est-ce que cette orientation métier s’applique à toutes les situations ?

Yves Bergeron – Tout à fait ! Ce cas concret illustre bien que l’accès à l’information ne suffit pas. Ce qui produit la performance, c’est l’utilisation qui est faite de cette information, par les équipes du terrain et par le management, et ainsi fédérer tous les acteurs impactés par la pratique.

C’est donner les clés pour comprendre le changement à mettre en œuvre à chaque niveau de l’organisation. L’approche métier revendiquée par Blu.e associe tous les acteurs, en identifiant trois types d’actions.

1. D’abord, les actions « techniques », sur les données et les interfaces informatiques. Les données doivent être pertinentes et fiables, l’interface intuitive et suffisante. Le feedback de l’opérateur est bien sûr indispensable, pour valider les données et interfaces en fonction de son quotidien.

2. Puis, il y a les actions « métiers », celles que l’acteur terrain va pouvoir mettre en œuvre grâce à la nouvelle fonctionnalité Blu.e.

3. Enfin, le manager est le pilote du processus de changement : il explique la nécessité du changement, affiche le nouveau niveau d’exigence et anime la démarche de progrès auprès de ses équipes : « As-tu bien utilisé les informations pour agir ? Et sinon, pourquoi ? Comment faire mieux la prochaine fois ? ».

Les trois leviers de la maitrise opérationnelle sont les technologies, les méthodes et les expertises métier. C’est en les combinant dans ces trois dimensions (technique, métier et management) que nos clients obtiennent les performances attendues !

 

Consultez également notre article sur la conduite du changement : 10 règles pour réussir le changement dans votre quotidien métier