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Le digital dans la chaufferie, un bon investissement ?

Les chaufferies font elles aussi leur transition numérique. Les grosses installations sont presque systématiquement équipées d’une GTC (Gestion Technique Centralisée) qui permet de connaitre à tout instant l’état de fonctionnement technique de l’installation mais ne dit pas grand chose sur sa performance. Elles sont donc de plus en plus nombreuses à disposer aussi d’une solution digitale pour optimiser leurs performances énergétiques et mieux gérer la maintenance. Mais ces outils connectés représentent-ils réellement un bon investissement pour ces réseaux de chauffage ? Réponse par les ingénieurs efficacité énergétique de Blu.e.

Les centrales de production d’énergie (chaud, froid…) utilisent des outils numériques pour être plus performantes et cela fonctionne ! Prenez l’exemple du réseau de chaleur de Rillieux-la-Pape, près de Lyon, qui maximise la récupération de chaleur et exploite majoritairement des énergies renouvelables (plus de 90 % !) depuis qu’une solution numérique d’aide au pilotage a été installée. Ou celui de Plaine Commune Énergie, en Île-de-France, qui a gagné environ 10 % de performance sur le rendement d’une chaudière biomasse en seulement 3 mois ! « Ces exemples suffiraient déjà à démontrer les bénéfices apportés par la mise en œuvre d’un outil digital, s’enthousiasme Camille Boutinet. Mais en plus, un outil numérique dans une chaufferie apporte d’autres gains, beaucoup d’autres gains ! »

 

Libérer du temps à l’exploitant du site

Pour l’exploitant du site, par exemple, le quotidien est rythmé par de nombreuses charges qui viennent s’ajouter au cœur de métier technique. Les tâches transverses sont nombreuses : RH (plannings des équipes), administratives (suivi réglementaire…) ou commerciales (établissement des devis, ordre de commandes…), le temps est donc compté. Grâce à la standardisation des meilleures pratiques d’exploitation, au suivi temps réel des consommations d’énergie et à l’automatisation du reporting quotidien et mensuel des indicateurs de performance de la chaufferie, l’exploitant peut se concentrer sur le cœur de ses missions et gagner sur les coûts d’exploitation du site.

 

Réduire la durée des interventions

L’outil digital permet de désigner facilement les dysfonctionnements des équipements de production d’énergie, à condition qu’ils soient équipés des bons systèmes de mesure et de comptage. Sur leur écran, les équipes opérationnelles identifient aisément les anomalies, repérées par des alarmes visuelles déclenchées par plusieurs critères combinés. Ils savent immédiatement où inspecter, même si la panne n’a pas encore été détectée. Le temps gagné est ainsi très important : sur une centrale de traitement d’air par exemple, avant cet outil numérique, les équipes d’exploitation ne repéraient parfois le dysfonctionnement qu’après quelques jours et devaient contrôler jusqu’à cinq ou six équipements.

 

Choisir la bonne cascade d’allumage

Forts de leur expérience, les techniciens avaient déjà repéré les réglages apportant de meilleures performances ou encore quelle chaudière avait un meilleur rendement qu’une autre. « En revanche, personne ne savait jusqu’à présent quel était l’impact des réglages en bout de ligne, confie Antoine Roland. Avec l’outil numérique et sa puissance de calcul, les opérationnels peuvent désormais croiser les paramètres de performance entre eux et mesurer l’influence de chacun. Ils ont accès à des informations invisibles, enfouies, qui permettent de régler la cascade d’allumage des chaudières au mieux. » Concrètement, la mise à disposition des données historiques du site permet de révéler les meilleures pratiques passées et de les définir en tant que règles de conduite à suivre.

 

Décider les bons investissements en fonction d’éléments tangibles

Au moment de choisir un nouvel équipement, un variateur neuf par exemple, on peut se fonder sur sa performance théorique. Mais rien ne garantit que les résultats soient meilleurs à l’échelle du réseau. Sur la base des données de l’installation, l’outil digital désigne précisément l’élément qui freine les performances au global. «Constatant ainsi les résultats médiocres du réseau avec l’ancien matériel, le client n’hésitera pas à engager des travaux ou le remplacement des équipements incriminés. » souligne Meryl Alexandre.

 

Communiquer entre les acteurs du site

Exploitant de chaufferie, energy manager, directeur de site industriel, opérationnels… Tous les acteurs n’ont pas la même compréhension du sujet « énergie ».  L’outil numérique leur proposera des courbes et des analyses, pour communiquer efficacement entre eux. Mieux : le collaborateur en charge du suivi des consommations énergétiques, en général l’energy manager, pourra valoriser l’impact des bonnes pratiques des opérateurs, des réglages des machines ou de la maintenance sur les coûts d’exploitation et les économies d’énergie. « Le travail de l’energy manager s’en trouve renforcéIl démontre concrètement les bénéfices obtenus grâce à ses actions et la participation des équipes de terrain à ces effets. » Une bonne façon de relier la théorie à la pratique.

 

  |  En conclusion…

Un outil digital dans une chaufferie permet non seulement de faire des économies d’énergie, mais aussi de gagner du temps sur le planning d’exploitation, de diminuer la durée des réparations, d’optimiser le fonctionnement du réseau de chauffage, de changer les équipements à dessein et de valoriser le travail de chacun.