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Industriels, pourquoi il est urgent d’intégrer l’Open Innovation ?

Les stratégies d’innovation ouvertes peinent encore à percer dans le monde de l’industrie même s’il faut reconnaitre que certains secteurs comme l’énergie et le bâtiment avancent vite. Pourtant ces nouvelles méthodes d’organisations ont démontré leurs bénéfices. Les explications de Catherine Ronge, présidente de weave.air (cabinet de conseil en innovation, design thinking et intelligence collective).

 

Pourquoi le digital oblige les entreprises à se tourner vers des modes de fonctionnement plus collaboratifs ?

C’est un mouvement de fond. Au-delà du digital, il y a aussi toutes les technologies NBIC qui vont révolutionner l’avenir : nanotechnologies, sciences cognitives… Toutes les grandes révolutions technologiques obligent les entreprises à se réinventer. Le numérique bouleverse la chaîne de valeur et facilite donc l’innovation en interne et en externe. L’entreprise doit répondre aux risques et aux opportunités créés par les nouvelles technologies.

 

Dès lors, quelle serait votre définition de l’Open Innovation ?

J’utiliserais un pléonasme : « dans Open Innovation, il y a avant tout open ». Il faut rester le plus ouvert possible, l’innovation ne se réduit pas aux start-up. Nous sommes dans un monde complexe. Prenez les secteurs de l’énergie et de l’industrie. Dans ces deux domaines, c’est toute la façon de penser le modèle économique qui est en train de changer. Les acteurs doivent davantage prendre en compte les demandes des clients. L’innovation ne se limite pas au déploiement de nouvelles technologies. Pour se réinventer, il faut donc travailler avec le plus large panel possible de parties prenantes : start-up bien sûr, mais aussi ONG, représentants de la société civile, acteurs privés et publics… Et bien sûr ne pas oublier le local. C’est au cœur de nos territoires que vont émerger les innovations de demain.

 

Comment jaugez-vous la maturité des industriels sur ces approches ?

Au niveau scientifique, les services R&D des grands groupes ont adopté depuis longtemps les codes de l’Open Innovation. Ils ont l’habitude de travailler dans des écosystèmes ouverts, à travers des plateformes comme InnoCentive. C’est plus compliqué sur les sujets d’organisation, de modèles économiques ou de pratiques managériales. Je regrette parfois un effet de mode autour des start-up. Certains grands groupes pensent qu’ils pratiquent l’Open Innovation simplement parce qu’ils signent des partenariats avec des jeunes pousses. C’est un leurre. En interne ils n’ont pas libéré leur organisation. Les collaborateurs ne sont pas autorisés à innover, à entreprendre dans l’entreprise, à casser les codes.

 

Quelles sont les étapes à respecter ?

Il faut commencer par casser les silos c’est-à-dire encourager les démarches transverses. Pour le dire de façon plus concrète, j’aime bien évoquer la règle des 3P du design thinking : People, Place, Process. Pour « People », il s’agit d’encourager les équipes pluridisciplinaires internes en mixant les métiers et les fonctions, les directions, voire en intégrant des experts venus de l’externe. Cette action peut être déjà très puissante. Elle doit s’accompagner d’une culture du droit à l’erreur et de la bienveillance pour libérer la créativité. Pour « Place », on sait désormais que l’aménagement des espaces plus ouverts et la création de lieux d’échange favorisent les connections. Il faut sortir de la vision traditionnelle où la direction reste au dernier étage de sa tour.

 

Et enfin le P Process…

Cela englobe toutes les nouvelles méthodes de travail, comme le design thinking qui ont révolutionné les process industriels. L’heure n’est plus aux démarches linéaires, mais à des approches plus itératives. On part de l’observation des usages pour innover vite, en enclenchant très tôt la phase de prototypage. C’est ainsi que les entreprises peuvent accélérer leur développement et disrupter leurs marchés, en adoptant les méthodes agiles et en diffusant une culture start-up.

 

Est-ce que toutes les entreprises industrielles sont compatibles avec ce type d’approche ?

Pour chacune de nos missions, nous nous adaptons bien sûr à la culture interne. Mais globalement, les pratiques restent les mêmes pour tous les types d’entreprises. Que l’on vende des produits ou des services, que l’on évolue dans le B2B ou le B2C…  Le plus important c’est de se faire accompagner par un partenaire de confiance. Utiliser ces nouvelles méthodes ne  s’improvise pas, car ce sont des démarches expérientielles.

 

À propos de l’auteur

weave.air est un cabinet de conseil en stratégie et innovation intégrant le design thinking comme levier d’accélération et de transformation pour l’entreprise.

Sa démarche d’innovation accélérée, l’air.LAB, qui s’appuie sur l’intelligence collective, une approche centrée utilisateur et le prototypage rapide, a notamment pour but l’exploration de scénarios pertinents pour chaque client et leur traduction concrète dans leur organisation, leur culture et leurs activités.