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RSE : Greenwashing ou véritable levier de performance industrielle ?

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est née à l’initiative d’organismes écologiques et humanitaires, qui voulaient pousser les entreprises à prendre conscience des enjeux environnementaux et sociaux de leurs activités, mais aussi qu’elles s’engagent dans une démarche de développement durable. Si certaines entités ont utilisé la RSE comme outil marketing qui a conduit à une communication de type greenwashing, la situation a bien évolué. Les entreprises ont compris que la RSE pouvait se positionner au cœur de leur stratégie et de leurs performances.

Selon l’Union européenne, la Responsabilité Sociétale des Entreprises est « l’intégration dans l’entreprise des préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire ». Elle est encadrée par la norme ISO 26000, fondée autour de sept questions centrales : la gouvernance de l’entreprise, les droits de l’homme, les conditions et relations de travail, la responsabilité environnementale, la loyauté des pratiques des affaires, les questions relatives au consommateur, les communautés et le développement local. Concrètement, la RSE varie selon les activités de l’entreprise, même si elle concerne toujours l’environnement, le social et les questions sociétales. Elle peut se traduire par la sensibilisation et la formation des collaborateurs au développement durable, la production de produits responsables et innovants, l’utilisation de matières premières écologiques et locales, ou encore le recyclage des déchets et la réduction de la consommation d’énergie.

 

95 % des entreprises estiment la RSE comme incontournable

Une étude récente(1) a montré que la RSE est désormais incontournable pour les entreprises : 95 % d’entre elles estiment que les enjeux de RSE vont s’accentuer à l’avenir. Preuve de l’intérêt des entreprises pour cette démarche, 70 % la rattachent à la Direction générale et même 77 % à la stratégie globale de l’entreprise. Pourtant, certaines entreprises manquent de visibilité sur la création de valeur engendrée, et d’autres sont freinées par l’immense travail de récolte de données issues de multiples systèmes d’information… Un vrai parcours du combattant pour les responsables RSE !

 

De la préoccupation sociale à la performance de l’entreprise

Et pourtant : des actions de RSE à la performance industrielle, il n’y a qu’un pas, d’autant plus qu’il est possible de commencer sans CAPEX. Quelques exemples suffisent pour bien s’en rendre compte. Une entreprise attentive à l’environnement réduit ses consommations d’eau et d’énergie, avec un bénéfice immédiat. Ses coûts de production d’utilités et ses émissions de CO2 diminuent. L’entreprise qui s’appuie sur un système de management de l’énergie pour la mesure et le suivi, réalise des économies substantielles. Même résultat en sensibilisant et en formant ses équipes au développement durable et à l’efficacité énergétique. Une entreprise préoccupée par la sécurité de ses collaborateurs et par la qualité de vie au travail, voit la productivité et la fidélité de ses salariés monter en flèche, ainsi que le taux d’accident et l’absentéisme diminuer. Ajoutons que, de plus en plus, les jeunes recrues talentueuses en quête de sens y sont de plus en plus sensibles. Sur le plan qualitatif, il apparaît donc évident qu’une stratégie RSE est bénéfique… mais dans quelle mesure ?

 

Des tableaux de bord pour encadrer la démarche RSE

Pour apprécier pleinement les bénéfices apportés par une stratégie RSE, il convient donc de mettre en place des indicateurs de performance qui mesurent les résultats tangibles et les progrès concrets des actions de RSE engagées. Le reporting des indicateurs permet l’évaluation de la RSE de manière quantitative : données énergétiques et environnementales (consommation des fluides, émission de gaz à effet de serre, rejets…), qualité de vie au travail (taux de renouvellement du personnel, taux d’absentéisme, accident du travail…), impacts économiques (partenariats, innovations…), etc. En connectant les usines, avec un système d’information d’entreprise, une historisation et une remontée automatisée des données est possible. Le tableau de bord est alors alimenté par les données terrain, permettant d’avoir une vision claire des actions de l’entreprise reliées à ses performances. Il guide la Direction dans sa stratégie d’entreprise et contribue à la communication dans le sens du dialogue social et du développement durable. Il encourage les collaborateurs à se mobiliser, à poursuivre leurs efforts et à proposer des innovations qui participent à la performance globale de l’entreprise.

 

À condition de la piloter comme un véritable projet d’entreprise, la RSE peut donc être une source significative de performance industrielle et énergétique. Pourquoi s’en priver ?

 

(1) Les nouvelles frontières de la responsabilité sociétale en entreprise : un modèle au service de la performance ? – 2016. Sondage auprès de 192 entreprises.